Acheter un appartement Pierre et Vacances en bord de mer sur le marché de la revente, c’est acquérir un bien déjà intégré dans un circuit de location touristique. Le prix affiché peut sembler attractif, mais la rentabilité réelle dépend autant de la zone géographique que du cadre fiscal. Certains littoraux gardent un vrai potentiel, d’autres ont perdu leur avantage.
Réintégration des amortissements LMNP : le piège fiscal qui change la donne en bord de mer
Avant de regarder une carte, il faut comprendre un mécanisme fiscal qui pèse lourd sur la revente d’un appartement Pierre et Vacances. En LMNP au régime réel, les amortissements déduits chaque année viennent minorer le prix d’acquisition retenu lors du calcul de la plus-value.
Résultat : au moment de la vente, la plus-value imposable se retrouve gonflée. Le taux global atteint 36,2 % avant abattements (19 % d’IR plus 17,2 % de prélèvements sociaux). Plus le bien a été amorti longtemps, plus la facture grimpe.
Les résidences de tourisme Pierre et Vacances en bord de mer sont pleinement concernées par cette réintégration. Ce n’est pas le cas des résidences étudiantes, seniors ou EHPAD, qui en sont exemptées. Ce détail crée une décote spécifique sur les reventes en zones ultra-touristiques, là où les investisseurs ont souvent utilisé le régime réel pendant dix ou quinze ans.
Pour un acheteur, cette décote représente une opportunité. Elle permet de négocier un prix inférieur à la valeur d’usage réelle du bien. Encore faut-il cibler les zones où la demande locative reste suffisamment forte pour compenser le coût d’entrée.

Littoraux secondaires en France : où la rentabilité locative résiste
Vous avez déjà remarqué que les grandes stations balnéaires historiques affichent des prix au mètre carré qui compriment les rendements ? Sur la Côte d’Azur ou certaines parties du Bassin d’Arcachon, le prix d’achat est tel que le loyer touristique ne suffit plus à dégager un rendement correct après charges et fiscalité.
La tendance observée depuis 2024-2025 montre une bascule progressive vers des littoraux dits « secondaires ». Des zones moins saturées, avec des prix d’acquisition plus bas et une attractivité touristique en hausse.
Côte d’Opale et littoral normand hors Deauville
La Côte d’Opale bénéficie d’un flux touristique régulier, porté par la clientèle du nord de la France, de Belgique et du Royaume-Uni. Les résidences de tourisme y affichent des taux de remplissage solides en saison, avec des prix au mètre carré nettement inférieurs à ceux de la Normandie « premium ».
Sur le littoral normand, les biens situés en dehors de Deauville ou Cabourg offrent un meilleur rapport entre prix d’achat et revenus locatifs. Un appartement Pierre et Vacances à vendre dans ces secteurs se négocie à des niveaux qui permettent encore une rentabilité nette positive.
Littoral atlantique sud, entre Charentes et Pays basque intérieur
La façade atlantique sud conserve un pouvoir d’attraction fort, mais les écarts de prix entre communes sont considérables. Les stations de la côte charentaise ou du sud des Landes restent accessibles. L’emplacement à proximité d’un port ou d’un centre-ville actif à l’année fait la différence entre un bien qui se loue douze mois et un bien saisonnier pur.
Bail commercial en résidence de tourisme : ce qu’il faut vérifier avant d’acheter
Un appartement en résidence Pierre et Vacances est lié à un bail commercial avec l’exploitant. Ce bail détermine le loyer garanti, les charges supportées par le propriétaire et les conditions de renouvellement. C’est le cœur économique de l’investissement.
Pourquoi ce point est-il décisif ? Parce que plusieurs sources signalent depuis 2024 une tension croissante sur les renégociations de loyers en zones très touristiques. L’exploitant peut proposer un loyer revu à la baisse au moment du renouvellement, surtout si le taux de remplissage de la résidence a fléchi.
Avant d’acheter un bien en revente, vérifiez ces éléments :
- La date d’échéance du bail commercial en cours et les conditions de renouvellement prévues au contrat
- L’historique des loyers versés sur les trois à cinq dernières années, pour repérer une éventuelle baisse progressive
- L’état des parties communes et des prestations de la résidence, car un environnement dégradé justifie une renégociation par l’exploitant
- La présence ou non d’une clause de résiliation anticipée, qui peut fragiliser la visibilité sur les revenus futurs
Un bail commercial dont l’échéance est proche constitue un risque, mais aussi un levier de négociation sur le prix d’achat.

Résidence secondaire ou investissement locatif : deux logiques, deux zones
Tous les acheteurs d’un appartement Pierre et Vacances en bord de mer ne cherchent pas la même chose. La zone géographique idéale dépend de l’usage envisagé.
Pour un usage mixte (quelques semaines par an plus location le reste du temps), les résidences situées dans des stations à forte vie locale sont préférables. Un port actif, des commerces ouverts hors saison, un accès en train : ces critères garantissent que le bien reste agréable à occuper et facile à louer.
Pour un investissement locatif pur, la logique est différente. Le rendement prime sur le cadre de vie personnel. Les zones où le prix au mètre carré reste modéré et où l’offre touristique locale génère un flux régulier sont à privilégier. C’est sur ces littoraux secondaires que le rapport entre prix d’achat et revenus locatifs reste le plus favorable.
Dans les deux cas, un point commun : la qualité de l’environnement immédiat de la résidence pèse autant que la localisation sur la carte. Une résidence bien entretenue, avec des prestations à jour, conserve son attractivité même dans un marché en tension. Un bien dégradé dans une station réputée se vendra plus difficilement qu’un bien impeccable dans une station moins connue.
Le marché de la revente d’appartements Pierre et Vacances en bord de mer n’est pas uniforme. Les zones où la fiscalité LMNP pèse le plus fort sur les vendeurs créent des opportunités pour les acheteurs capables de cibler les résidences bien gérées, situées sur des littoraux en montée. L’attractivité d’un bien ne se lit pas dans le nom de la station, mais dans l’équilibre entre son prix, son bail et sa capacité à générer des revenus stables.

